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Le château de Bressuire

HISTORIQUE

À la fin du siècle dernier, R. BARBAUD avait réalisé une étude descriptive et détaillée du château, apportant même des reconstitutions. S’il ne disposait pas de photographies pour nous transmettre son état, les dessins qu’il réalisa sont des témoignages précieux du château à la fin du XIXème siècle.

Le château de Bressuire est cité pour la première fois dans les textes vers 1030, lorsque Geoffroy, vicomte de Thouars, fait don aux moines de Saint-Cyprien de Poitiers d’un bourg avec une église qu’il avait fait construire près de son castrum de Bressuire. En 1095, une église, située à l’intérieur du château et dédiée à saint Nicolas, est citée pour la première fois . Le château appartient alors à Thibaud de Beaumont. En dépit des recherches menées par l’historien Bélisaire Ledain dès le XIXe siècle, les premiers seigneurs de Beaumont Bressuire restent mal connus. Une seule certitude : la famille apparaît dans la vassalité des vicomtes de Thouars et reste étroitement associée à la destinée de cette dernière du Xe au XIIIe siècle.

Au XIIIe siècle, les seigneurs de Beaumont figurent parmi les plus proches partisans du roi d’Angleterre en Poitou.

La Guerre de Cent Ans démarra en 1338 suite à de nouvelles tensions entre les Plantagenêts et les Capétiens. Malgré la mobilisation des troupes françaises, les défaites se succèdent : celle de Crécy en 1 346 annonce les suivantes. Le Poitou est le théâtre des luttes opposants Anglais et Français. La bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356, et la défaite du roi de France, marque la domination anglaise. En 1360, le traité de Brétigny accorde aux Anglais le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, la Manche, le Périgord et le Quercy.

Louis de Beaumont, seigneur de Bressuire, rend hommage aux Anglais en 1363 à Poitiers. Le château est alors occupé par des garnisons anglaises. L’année 1367 signe la reprise des hostilités. Du Guesclin, Connétable de France, conduit ses troupes à la reconquête du comté du Poitou. Le seigneur de Bressuire soutient alors les Anglais. En 1370, Du Guesclin met le siège devant Bressuire. Le château capitule et le Connétable de France y laisse une garnison. Bressuire passe alors sous domination française.

En 1440, Jacques de Beaumont devient seigneur de Bressuire, chambellan et conseiller de Louis XI. Dès l’année suivante, il fait du château une belle demeure seigneuriale : construction d’un immense bâtiment fermant la cour avec de belles fenêtres à meneaux, de splendides cheminées de granit ornant les salles réservées au seigneur, une élégante galerie, côté ville, le tout témoignant de l’esprit de raffinement du propriétaire.

Jacques de Beaumont meurt le 15 avril 1492, à l’âge de 70 ans. Il laisse trois filles. La première, Jeanne, hérite de la baronnie de Bressuire. A sa mort, Bressuire revient alors en 1510 à la deuxième fille de Jacques de Beaumont, Philippe et à son époux Pierre Ier de Laval-Montmorency. Ce sont eux qui font reconstruire le chœur et le clocher de l’église Notre-Dame. Ils préfèrent leur résidence de Laval et ne viennent habiter Bressuire que très rarement.

En juin 1562, le château est occupé par les Protestants. À leur départ, la forteresse accueille une garnison permanente qui séjourne à Bressuire pendant toute la Ligue, de la fin du XVIe au milieu du XVIIe siècle.

Depuis, le château est passé dans de nombreuses familles (Strozzi, Fiesque, Dangeau) sans que son entretien soit toujours assuré. Le 30 mars 1730, une violente tempête détruit un tiers du château, dont les matériaux sont récupérés et entreposés pour être réemployés le cas échéant sur d’autres bâtiments . C’est le début du démantèlement de l’édifice. Le 7 mai 1777, les ruines du château sont achetées par Jean d’Abbadie. Très vite, Jean d’Abbadie fait transférer les archives de la baronnie de Bressuire en son château de Saint-Loup-sur-Thouet, les sauvant d’une disparition certaine.

En 1 876, , une grande partie de la façade sud du logis s’écroule. La famille Bernard achète le château la même année. En 1878, un château néo-gothique est construit dans la cour du donjon.

Le château est la propriété de la ville de Bressuire depuis 1 975. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 23 décembre 1926, le château est classé Monument Historique le 30 avril 1996.

Les fortifications du château

Le château de Bressuire est élevé à l’ouest de la ville, sur un plateau granitique dans une boucle du Dolo. Ce site d’éperon barré semble avoir été occupé dès la préhistoire . La rivière était contenue par deux chaussées de pierre, le Peyré au Sud, et le Jabard à l’Ouest, de façon à former des étangs. Le château lui-même est constitué de deux enceintes concentriques, qui se développent vers le plateau et la ville.

La première enceinte, de plan semi-circulaire, (en gris foncé sur le plan ci-contre) se referme sur le bord du plateau rocheux, au Sud. Sur ce front dominant la rivière, s’élève aujourd’hui un manoir reconstruit au XIXe siècle à l’emplacement des logis de la fin du Moyen Âge. L’ensemble de la première enceinte peut correspondre à un « shell-keep », selon un modèle assez connu dans l’espace anglo-normand. La première enceinte est flanquée de sept tours rondes et pleines de 8 m de diamètre.

Une seconde enceinte, de plan quadrangulaire irrégulier, (voir ci-dessous) entoure la première, enfermant plus de quatre hectares. Elle est flanquée de tours rondes, sauf sur le front sud, où le château est naturellement protégé par l’escarpement du terrain et la boucle du Dolo. On compte encore une trentaine de tours, pleines ou creuses, de 4 à 6 m de diamètre. Dès l’origine, l’enceinte apparaît dotée de tours pleines ou creuses, entre lesquelles sont parfois percées des archères, directement dans la muraille. Dans un second temps, de nouvelles tours ont été ajoutées à l’enceinte, sur les fronts nord et est, de sorte que l’espacement entre deux ouvrages n’excède pas 8 m. Ces deux phases de construction se sont succédé rapidement. Les tours pleines, quoique d’un diamètre inférieur à celui des tours de la première enceinte, relèvent d’une même conception : de plain-pied avec le chemin de ronde des murailles voisines, à une dizaine de mètres de hauteur, elles offrent une terrasse défensive depuis laquelle on pouvait couvrir l’approche des murailles. Les tours creuses, de faible diamètre, possèdent trois niveaux, le second étant ouvert sur le chemin de ronde de l’enceinte et accessible uniquement par ce dernier.

De nombreux éléments des remparts du château de Bressuire invitent à dater l’ensemble de la première phase de construction du tout début du XIIIe siècle, voire de la fin du XIIe siècle. Destructions et réparations ont ensuite jalonné leur longue histoire.

Les dessins sont extraits du livre de Raymond BARBAUD : Le château de Bressuire en Poitou - Paris, 1903. Le texte est un résumé très succinct de l’article de Marie-Pierre BAUFRY-PARTHENAY et Bénédicte FILLION : "Le château de Bressuire. La place forte des Pkantagenêts au XIIIe siècle", in Revue d’Histoire du Pays Bressuirais, année 2008, bulletin N°58, pages 7-36.

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