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L’Hôtel de Ville

LA CREATION DE L’HOTEL DE VILLE DE BRESSUIRE L’hôtel de ville de Bressuire se situe sur l’emplacement d’un ancien couvent de Franciscains, dits aussi Cordeliers.

Le 10 mars 1404, un bourgeois de Bressuire, Jean Chiché, fait don d’une maison à des moines franciscains nouvellement arrivés dans la ville pour y établir des bâtiments conventuels et un cimetière. L’année suivante, le seigneur de la ville, Jean III de Beaumont et son épouse Mathurine d’Argenton, lèguent à leur tour une maison voisine afin d’agrandir le couvent. En contrepartie l’église devra abriter les sépultures de la famille seigneuriale.

Les ruines du couvent des Cordeliers ont été vendues comme bien national en 1799.

Le 4 janvier 1820, le conseil municipal de Bressuire décide l’achat de cet ancien couvent en ruine qui appartenait à Pierre Rabouam de Montigny, pour y établir un nouvel Hôtel de ville, des halles, une école et la gendarmerie.

Un projet fourni par les architectes Thénadey et Segrétin, est adopté par la municipalité en 1824 mais la réalité s’éloigne de ce qui a été réalisé au début des années 1830.

En réalité, les deux ailes du bâtiment qui devaient abriter l’école et le casernement sont abandonnées, ainsi qu’une partie des galeries qui encadraient les halles à ciel ouvert, prévues devant la mairie. Même réduite, la réalisation du projet est longue et laborieuse. Des malfaçons, le manque de matériau ralentissent le chantier. En 1825, le Maire, demande l’autorisation au Préfet de récupérer les pierres de taille de la tour du Frêne, de la porte du Péré et de Juilleau (Juillot) afin d’accélérer les travaux qui s’achèveront au printemps 1835.

LA MAIRIE DE BRESSUIRE

L’édifice rectangulaire est composé d’un corps central à deux niveaux, flanqué de deux pavillons décorés d’une balustrade. La façade principale est percée de 7 grandes ouvertures à l’étage encadrées de pierre de taille. En 1884, les trois fenêtres centrales sont surmontées par l’architecte Tilleau, d’un fronton où figurent les armes de la Ville accordées en 1701 par Louis XIV : « D’argent à un aigle déployé à deux testes de sable ».

L’espace qui s’étend devant le bâtiment municipal est encadré par deux galeries perpendiculaires à la mairie. Elles délimitent un espace d’environ 800 m² où se tenait le marché à ciel ouvert. Des greniers sont aménagés au-dessus de chacune de ces galeries et loués chaque année à des marchands de blé.

En 1884, cet espace est recouvert d’une couverture métallique et la façade est fermée par une porte monumentale en briques et fonte, style Baltard. Par la réalisation de ce projet, les halles de Bressuire ont acquis une structure qu’elles garderont jusqu’en 1970 permettant l’approvisionnement de la ville et l’écoulement des produits fermiers d’un large arrière-pays, à l’exception de la période du 14 novembre 1914 au 16 juin 1919, pendant laquelle elles serviront de camp de prisonniers Austro-Allemands.

A la fin des années 1960, dans le souci d’aérer l’espace urbain, d’ouvrir des perspectives, la Mairie décide la démolition de la structure métallique des halles vieillissantes et qui nécessiteraient des travaux de restauration onéreux. Le dernier marché s’est tenu le 8 septembre 1970. Les matériaux de démolition sont vendus à un ferrailleur qui récupéra 19760 kg de fer, 1415 kg de fonte, 580 kg de zinc….

La galerie ouest est conservée et devient salle d’exposition (vitrée en 2005) et musée municipal en 1971. L’année précédente, dans le prolongement des arcades ouest, fut construit un pavillon qui abrite aujourd’hui l’Office du tourisme.

L’espace devant la mairie est agrémenté de jeux d’eau et jardins, rénovés en 2010.

LE THEATRE DE BRESSUIRE 1884-1970

Sur l’emplacement prévu à l’origine pour être une école, la municipalité fait construire, d’après les plans de Tilleau, une salle des fêtes/théâtre inaugurée le 23 juillet 1884 dans le prolongement de la façade de la mairie. De style néo baroque, sa façade comporte deux niveaux. Un rez-de chaussée percé d’une porte avec de chaque côté des fenêtres en plein cintre surmontées d’oculus. A l’étage, une large baie, encadrée de lourds pilastres, était couronnée d’un fronton semi-circulaire aujourd’hui disparu. En 1920, le théâtre sera transformé en cinéma puis en bureaux administratifs et salle des congrès (1973). Ce bâtiment abrite aujourd’hui la salle du conseil municipal.

AMEUBLEMENT et DECORATIONS DE L’HOTEL DE VILLE

Les deux salles les plus remarquables de l’Hôtel de ville sont le bureau du maire avec une cheminée monumentale dont la provenance reste inconnue (château, couvent des Cordeliers, hôtel particulier de Bressuire ?) et la salle dite « des mariages », desservie par un escalier monumental.

Cette salle des mariages, anciennement « salle des délibérations », occupe à l’étage l’ensemble du corps central. Son style néo renaissance est le reflet de l’architecture du XIXe siècle avec ses boiseries et son mobilier.

Dans la salle des mariages, une peinture murale de l’artiste Bressuirais, Francis Saunier, représente le château. Elle vient combler le vide laissé par le démontage des plaques commémoratives en marbre sur lesquelles avaient été gravés, en 1928, les noms des 162 Bressuirais « morts pour la France » de la guerre 14-18. Ces plaques seront ensuite déplacées dans le hall de la mairie puis découpées en 2005 et dressées de part et d’autre du monument aux morts de la guerre de 1870-71, sur la place des Anciens-Combattants.

Les chaises et fauteuils garnis de cuir ont été acquis au « Rat goutteux » à Nantes, en février 1900 (aujourd’hui une banque, cours des 50 otages).

La paire de vases de Sèvres a été attribuée à la Ville, le 23 avril 1938, par le ministère de l’Instruction publique. La manufacture nationale avait pris la précaution de demander le style de la salle où seront placés les vases et avait même demandé l’envoi d’un échantillon de la tapisserie murale. Ce sont des créations de René Prou, décorées par Roland Goujon : « deux vases Prou n° 2 de Goujon »

La Ville de Bressuire possède trois bustes de la République dont deux à la mairie. Dans le bureau du maire, le buste en bronze patiné de la fin du XIXe est attribué à Jean Gautherin (1840-1890), célèbre sculpteur parisien. Il montre une figure féminine volontaire qui porte un baudrier orné d’un mufle de lion (activité guerrière de la République défendant la Liberté). En 1938, le ministère de l’Instruction publique concède à la mairie un buste en biscuit de Sèvres du sculpteur niortais Pierre-Marie Poisson (1876-1953). Il est installé aujourd’hui sur la cheminée dans la salle des mariages. Des tableaux rappellent les différentes conventions officielles signées entre la ville et les villes jumelées.

L’Hôtel de ville (salle des mariages, bureau du maire escalier et hall) abrite des œuvres d’art reçues en cadeau ou acquises par la municipalité dans le cadre d’expositions ou de visites, notamment des représentants des villes jumelées avec Bressuire.

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